Manifestation à Nancy contre les violences policières et le racisme

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Manifestation Black lives Matter à Nancy violences policières
Manifestation Black lives Matter

« Pas de Justice, pas de Paix ! » ont scandé ce samedi plus d’un millier de Nancéiens qui ont foulé le pavé pour la fin des violences policières et du racisme. C’est en immersion totale dans la manifestation que je vous propose ma vision du mouvement et les enjeux qu’elle soulève.

La préfecture interdit encore toute manifestation sous prétexte sanitaire, cependant, sûrement pris de court par l’événement relayé à la dernière minute, très peu de policiers étaient présents. Il y avait deux appels à manifester, l’un à 14 h place de la République, l’autre à 15 h place Carnot. Les organisateurs, l’Union locale CGT de Nancy et ses environs et le Front Social 54 ont appelé à prendre les précautions sanitaires qui s’imposent et la manifestation s’est déroulée sans violences malgré un contexte peu propice à la paix. Fait marquant, la majorité du cortège était constituée de jeunes générations.
Parmi les critiques que les manifestants ont exprimées, la pratique du plaquage ventral très décrié et interdit dans de nombreux pays est symptomatique de l’usage disproportionné de la force.

plaquage-ventraux place charles III violences policières
Mise en scène des plaquages ventraux place Charles III

L’écho du mouvement « Black Lives Matter » révèle la contestation française grandissante envers l’usage des forces de l’ordre.

Dix jours après la mort de George Floyd aux États-Unis, le mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») prend de l’ampleur dans plusieurs grandes villes du monde et notamment en France où le climat de tension sociale ressurgit et rappelle que justice n’est pas rendue pour les responsables face aux victimes Adama, Théo, Zyed et Bouna

Manifestant brandissant le drapeau tricolore avec le slogan Black Lives Matter

Il s’agit pour ce mouvement de combattre le racisme systémique. L’impunité est organisée parce que plus que jamais l’État a besoin de la police pour maintenir l’ordre et défendre le système qui nous est imposé. Les violences policières sont couvertes et niées par les gouvernants, en témoigne les prises de parole dans l’espace médiatique.

Ces violences ne datent pas d’hier. N’oublions pas Amal Bentounsi qui s’est battu depuis 2012 pour rendre la justice face à l’assassin de son frère ou Assa Traoré qui se bat encore (regardez son intervention dans l’émission « Clique » du 8 juin). Grâce à leur lutte, aujourd’hui les langues se délient sur le racisme profondément enraciné dans les institutions.

Cependant, cette fois, une atmosphère différente se profile. Bien consciente que les violences policières existent depuis qu’elles ne frappent pas seulement les minorités ethniques mais aussi les gilets jaunes, les infirmières, les pompiers, les militants écologistes, les journalistes, c’est toute la société française qui s’empare du sujet. Le gouvernement peut se voir contraint de prendre des mesures fortes pour réformer le système d’impunité comme cela est en train de se dérouler à Minneapolis, ville de George Floyd, ou la police actuelle va être démantelée pour reconstruire un nouveau système de sécurité publique.

La mobilisation internationale est peut-être bien l’occasion de réunir notre démocratie autour du sujet des violences policières pour enfin y mettre un terme.

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